François Hollande dépêche des technocrates auprès du nouveau ministre des Finances grec

Mardi 7 juillet, le Président français déclarait « La France veut que la Grèce reste dans la zone euro, elle travaille pour y parvenir », des propos qui se confirment dans les faits. La France a en effet envoyé des technocrates auprès d’Euclide Tsakalotos, fraîchement nommé ministre grec des Finances, en amont du prochain Eurogroupe.

Après la demande d’assistance adressée par la Grèce au Mécanisme européen de stabilité en échange de laquelle le gouvernement s’engage à mettre en place d’importantes réformes, le nouveau ministre s’active en coulisses pour établir une liste précise de mesures à soumettre aux créanciers du pays. L’ultimatum envoyé par les institutions européennes stipule clairement que la Grèce sera placée hors de la zone euro vendredi dans le cas contraire.

C’est dans l’objectif de réduire au minimum ce risque que la France offre une aide technique à la Grèce. Une équipe de technocrate français accompagne donc Euclide Tsakalotos dans l’élaboration des mesures qui seront présentées à l’Eurogroupe afin d’assurer que celles-ci ne soient pas rejetées, preuve supplémentaire du refus de la France à une sortie de la Grèce de la zone euro, comme l’a de nouveau affirmé Manuel Valls hier devant l’Assemblée nationale. La France se distingue ainsi par son attitude d’une Allemagne de plus en plus tentée par un «Grexit», sans se confronter directement à elle.

Selon des sources gouvernementales grecques, ce texte préparé avec l’aide de la France reprendra dans les grandes lignes la proposition faîtes par le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 26 juin, avant le déroulement du référendum. Cette proposition prévoyait entre autres une augmentation des taux de TVA sur les hôtels et la restauration, une augmentation du taux d’imposition sur les entreprises, la fin des crédits d’impôts pour les agriculteurs, une baisse des dépenses de sécurité sociale, la limitation des départs en retraite anticipée, un gel des retraites jusqu’en 2021, le non-rétablissement des conventions collectives, une baisse des salaires des fonctionnaires, ainsi qu’une diminution des dépenses militaires.

Si il est difficile pour le gouvernement grec d’accepter l’ensemble de ces mesures pour que le texte soit voté au Parlement, notamment par les députés de l’aile gauche de Syriza, il serait néanmoins enclin à faire d’importantes concessions. Le bénéfice du côté grec reposerait dans le fait qu’un tel accord assurerait le financement du pays pour une durée de 3 ans sans que celui-ci soit régulièrement remis en cause par les créanciers sous l’invocation d’une mauvaise mise en oeuvre des réformes.

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